Exercice 13 sur 13
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Jeux de rôle et simulation
Réaliser l'entretien, identifier des facteurs psychosociaux, choisir un exercice approprié.
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Consignes
Le thérapeute :
- Réalise l’entretien avec le patient.
- Identifie un ou plusieurs facteurs psychosociaux sur lesquels travailler.
- Détermine un exercice approprié : kiné, hypnose, éducation thérapeutique…
- Le patient en face de vous ne présente pas de drapeaux rouges.
Cas clinique 1
Femme de 45 ans. Douleur à l’épaule depuis 7 mois. Diagnostic médical : tendinopathie persistante. La douleur est persistante, un fond douloureux est toujours présent, parfois des pics de douleur.
- Représentation corporelle : a l’impression d’avoir un élastique trop tendu et dur dans l’épaule (représentation très précise). Entend des « clacs » qui correspondent à l’élastique. Sa douleur : « ça tire ».
- Social : est architecte, travaille sur ordinateur. Est gênée par sa douleur dans son travail, et ça l’agace.
- Catastrophisme (ruminations) : se demande ce qu’elle peut bien avoir. Ne comprend pas comment elle peut avoir aussi mal et si longtemps avec une « tendinite ».
- Kinésiophobie : n’utilise que très peu son bras. A peur d’aggraver « l’inflammation ». Attitude de protection.
- Ressources : la natation et la marche nordique.
Cas clinique 2
Homme de 42 ans. Douleur au dos depuis un an et demi. Diagnostic de lombalgie non spécifique.
- Catastrophisme : imagerie = RAS, « vous n’avez rien ». Pourtant j’ai mal ! Pense que les médecins sont passés à côté de quelque chose (antécédent de cancer dans sa famille).
- Représentation corporelle : gêne permanente et douleurs fluctuantes au cours de la journée. La douleur est difficile à décrire, c’est diffus.
- Kinésiophobie : a mal lorsqu’il se penche vers l’avant. Selon lui, cela risquerait d’empirer son état.
- Comportements inadaptés : se met au lit quand il rentre du travail, porte fréquemment une ceinture lombaire, garde le dos droit quand il porte un objet du sol.
- Exception : n’a pas de douleur quand il fait des balades en moto le week-end.
- Social : travaille dans la fonction publique. Bureau, réunions. Gêné par la douleur en réunion quand il reste trop longtemps assis.
- Ressources : s’allonger dans son lit, la moto.
Consignes connues (9)
- Parler au présent, en « vous » ou « tu » Pas de « je » ni de « on ».
- Utiliser les mots du patient Rester fidèle au récit, respecter la chronologie sans tout énumérer.
- « Peut-être », « vous pouvez » Formulation permissive.
- Rester congruent et s’harmoniser avec le patient Para-verbal en accord avec ce que l’on suggère ; harmonisation dès l’anamnèse.
- Signal de communication « Au moment où..., vous pourrez me le signifier. » Si c’est un geste, donner plusieurs exemples : tête, doigt, main...
- Ratifier « Très bien », « voilà », « oui », « super », « vous faites du bon travail ». Para-verbal congruent.
- S’adapter à la respiration, laisser des silences Parler pendant le temps expiratoire, se laisser des silences pour donner du temps d’intégration.
- Vocabulaire vague et flou « Particulier », « [sensation] », « agréable ».
- Utiliser différentes suggestions
- « Vous ressentez cette sensation. »
- « Vous pouvez ressentir cette sensation. »
- « Je me demande à quel moment vous allez ressentir cette sensation. »
- « Vous sentez cette sensation particulière, spécifique... ou encore autre chose. »
- « Vous êtes assis sur cette chaise, vous respirez et vous sentez cette sensation. »
- « Vous allez pouvoir ressentir cette sensation maintenant ou dans quelques instants. »
- « C’est vraiment une sensation confortable de se détendre. »
- « Plus vous respirez, plus vous ressentez cette sensation. »
- « Pour ressentir cette sensation, vous savez qu’il est important de... »
- « Chacun des sons que vous percevez vous permet un peu mieux de ressentir cette sensation. »
- « À n’importe quel moment où vous aurez besoin de sentir ces sensations, vous pourrez refaire cet exercice. »
Anti-sèches
L'art de poser des questions
Questions ouvertes, reformulation, reflets, relances, résumés
Question fermée : des informations précises et limitées. « Est-ce que votre douleur vous empêche de faire du tennis ? »
Question ouverte : le patient développe. « Qu’est-ce que votre douleur vous empêche de faire ? »
4 outils
1. La reformulation. S’assurer que l’on a bien compris, donc attendre l’approbation du patient. « Si j’ai bien compris… », « Si je comprends bien… », « Arrêtez-moi si je me trompe, mais j’ai l’impression que… ».
P : « Depuis que j’ai ces douleurs, cela me pourrit la vie… Avant j’aimais jardiner, faire des balades en forêt, jouer au foot avec mes enfants… » K : « Si je comprends bien, vous avez arrêté ces activités depuis que la douleur est trop envahissante ? » P : « Non, je les fais encore de temps en temps, mais j’ai mal et j’ai l’impression que ça aggrave ma situation. »
2. Les reflets. Montrer une écoute active et la compréhension du problème (empathie) ; encourager à développer.
P : « Depuis que j’ai ces douleurs, j’ai perdu le goût à la vie, je me sens déprimée. » K : « Vous vous sentez déprimée. » (inflexion de voix vers le bas sur le dernier mot)
3. Encourager à en dire plus. « C’est-à-dire ? » « Quoi d’autre ? » « Est-ce que vous pouvez m’en dire plus ? »
4. Les résumés. Des reflets qui rassemblent plusieurs choses, avec ses mots.
- Résumé de rassemblement : « Donc, vous aimeriez que l’on puisse diminuer votre douleur afin que vous puissiez reprendre le tennis et retrouver ces moments importants que vous partagiez avec vos amis. »
- Résumé de transition : rassemblement, puis changement de thème (fin de l’anamnèse, début de l’examen).
Références : Écouter, parler : soigner (Philippe Aïm) ; L’entretien motivationnel (Miller et Rollnick).
Facteurs psychosociaux
Pour chaque facteur : échelles, questions utiles, outils. Et toujours : référer ?
« Les facteurs psychosociaux jouent un rôle plus important que les facteurs physiques dans le développement de la douleur persistante. » Burton et al., 1995
Les drapeaux jaunes : peur, évitement, catastrophisme, croyances, anxiété, attentes négatives, stress, attitude protectrice, hypervigilance, kinésiophobie…
Stress et anxiété
- Échelles : State-Trait Inventory, Hospital Anxiety and Depression Scale.
- Questions : Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus concernant votre douleur ? Où est-ce que vous vous imaginez dans 3 ans ? Diriez-vous que vous êtes une personne stressée ?
- Outils : lieu, souvenir, ancrage (dont posture).
Catastrophisme
- Échelle : Pain Catastrophizing Scale (PCS).
- Questions : Selon vous, quelle est la cause de vos douleurs ? Que vous ont dit les autres thérapeutes que vous avez consultés ? Qu’est-ce qu’on vous a dit à propos de cette imagerie ?
- Outils : éducation à la douleur, souvenir, lieu, réification.
Kinésiophobie, peur de la douleur ou du mouvement, croyances de peur-évitement
- Échelle : Tampa Scale of Kinesiophobia (TSK).
- Questions : Y a-t-il des gestes ou des activités que vous évitez de réaliser, ou que vous avez arrêté de réaliser ? Pensez-vous que l’activité physique empire votre état ? Que cela peut vous blesser ?
- Outils : projection vers le futur, réification, phénomènes idéo-moteurs, souvenir en mouvement et mise en mouvement (pendant ou après).
Hypervigilance
- Questions : Anticipez-vous certaines situations qui pourraient déclencher de la douleur ? Portez-vous souvent votre attention sur vos douleurs ? Avez-vous vécu des événements particulièrement difficiles ces dernières années ? (psychotraumatisme)
- Outils : lieu ou souvenir et ancrage, travail sur les sensations (respiration, air dans les narines, mains sur le ventre).
Famille, travail…
- Questions : Comment votre entourage, votre employeur réagit à vos douleurs ? Quelles sont les répercussions de la douleur sur votre travail ? La douleur vous empêche-t-elle parfois de partager un verre ou un repas entre amis ?
- Outils : dialogue avec la personne, retrain pain.
Sentiment d’injustice
- Échelle : Injustice Experience Questionnaire (IEQ).
- Questions : Pensez-vous que les gens comprennent votre situation ? Pensez-vous être pris au sérieux ? Pensez-vous que vos douleurs sont la faute de quelque chose, de quelqu’un ? Vous êtes-vous déjà entendu dire que c’est vous qui créez la douleur, que c’était dans votre tête ? Comment vous êtes-vous senti ?
- Outils : dialogue avec la personne, retrain pain.
Raisonnement clinique
Les 3 modalités et les techniques disponibles
3 grandes modalités d’utilisation de l’hypnose en kinésithérapie (classification personnelle de Théo, non publiée) :
- Communication : améliorer la communication thérapeutique grâce aux outils de l’hypnose.
- Thérapeutique : travail sur l’intensité de la douleur, hypnose seule (hands off) ou hypnose et technique de rééducation (hands on). Hypnoanalgésie : gant magique, réification, suggestions directes…
- Facteurs psychosociaux : kinésiophobie, catastrophisme, attentes négatives, anxiété…
Techniques disponibles :
- Souvenir
- Lieu
- Métaphore, dont la réification
- Phénomènes idéo-moteurs
- Ancrage
Il y a toujours plusieurs portes d’entrée pour un même problème.
Préalables : informations et objectif
Pas de thérapie sans objectif
Recueillir les informations :
- Attentes et motivations à faire de l’hypnose.
- Prénom.
- Ressources.
- But et objectifs.
L’objectif doit :
- être co-construit avec le patient ;
- être modeste et raisonnable ;
- être concret et observable par un tiers, si possible ;
- être formulé en termes positifs.
Pour relier ressource et objectif : « Quand vous faites [ressource], est-ce que vous sentez [sensation] ? » Douleur au mouvement : aller chercher des ressources d’une activité en mouvement.